Le manque de choix sur la principale épargne des Suisses

(Ausschnitt aus Newsletter «La lettre libérale» von «Le Temp»)

La liberté individuelle devrait être étendue sur le pilier central de l’épargnant suisse, c’est-à-dire sur l’épargne placée dans la caisse de pension. Les discussions de réforme de la prévoyance ignorent la première question que se pose l’épargnant: où placer son argent? Aujourd’hui, chaque salarié est obligé de confier son épargne-retraite dans l’institut de prévoyance de son entreprise. Le libre choix de la caisse de pension n’est pas prévu. Pourtant rien n’est plus pertinent que d’adapter le 2e pilier aux changements sociétaux.

Les Suisses ont souvent plusieurs employeurs en même temps s’ils travaillent à temps partiel. La constitution de leur bas de laine est toutefois réduite par le montant de coordination (25 095 francs), ce qui pénalise souvent les femmes.

Gerhard Schwarz, l’ancien directeur d’Avenir Suisse, propose, dans le dernier magazine Schweizer Monat, que chaque salarié (ou indépendant) puisse choisir sa propre caisse de pension. Il pourrait ainsi répondre exactement à ses opinions en matière de placements (durables ou non, et jusqu’à quel niveau?) ou d’assurance (niveau de la rente pour le conjoint ou les enfants).

En cette époque de «grande démission» et de fortes fluctuations, chacun pourrait certes changer d’employeur et en parallèle conserver l’institut de prévoyance qui lui plairait. L’employé qui travaille pour trois entreprises pourrait réunir tous ses avoirs dans un seul établissement en étant moins pénalisé par la déduction de coordination, si elle existe encore.

Gerhard Schwarz insiste sur les effets positifs de cette concurrence et sur la transparence accrue des caisses de pension. Les caisses de pension multiplieraient leurs efforts pour attirer les épargnants. Il en résulterait une plus forte consolidation des instituts de prévoyance. Mais n’est-elle pas souhaitée?

Le découplage entre la caisse de pension et l’employeur augmenterait le sens de responsabilité de l’assuré. Ce changement aurait pour corollaire une réduction de la responsabilité de l’entreprise et de ses risques. L’entrepreneur continuerait toutefois de verser sa contribution.

Gerhard Schwarz va jusqu’à proposer la disparition de la part patronale. Un scandale? De facto, il en résulterait une hausse des salaires. «Le libre choix de la caisse de pension ne signifie pas une régression sociale, mais un véritable progrès et la fin d’une forme de paternalisme».

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